Cas d’école

une petite recherche caniculaire

Jour 1 & 2















Dans une agence de 28m² où cinq architectes cohabitent, la question de l’urgence climatique se pose en des termes simples : comment ne pas se dessécher et, une fois cet impératif réalisé, comment mettre ce qui reste de nos cerveaux au service de la ville brûlante.

Notre petite contribution s’organise comme suit : en deux journées, mobiliser l’agence sur un sujet majeur, trop vaste sans doute pour être esquissé en si peu de temps, mais suffisamment important pour qu’on tente au moins le coup, qui sait, en restreignant le champ d’investigation, peut-être pourrons-nous trouver quelques sillons à approfondir plus tard, par nous ou par d’autres.

Aujourd’hui : l’école, plus spécifiquement l’école élémentaire, et les difficultés à maintenir des conditions acceptables d’enseignement face à ces épisodes caniculaires.
Si l’adaptation du bâti, notamment par le biais des cours oasis, devrait permettre une amélioration réelle de la situation, il est probable que les prochaines années soient difficilement conciliables avec une continuité de l’enseignement durant ces périodes.

Cette situation entraîne une double rupture d’égalité : pédagogique d’abord, puisqu’entre les sites adaptés et les autres de fortes disparités vont apparaître et citoyenne ensuite, puisqu’incités à rester chez eux, les inégalités face à l’aléa touchent avec plus de force les enfants des foyers modestes.
Pour cerner le sujet d’étude nous avons choisi le dix-huitième arrondissement, où nous sommes situés et qui concentre une partie des grands enjeux parisiens.
03_Les lieux de culte
l’église Saint Pierre de Montmartre recevant au frais quelques classes
Envisager les lieux de culte pour abriter une classe, voire une école dans un pays laïc représente sans doute l’état limite de notre proposition. Mais renvoyer des enfants chez eux par 40°C, sans soutien pédagogique ni aide à l’adaptation relève d’un autre état limite.
Considérant cet état de fait, nous proposons de regarder les caractéristiques d’un certain nombre de lieux de culte du dix-huitième arrondissement, dans la plupart des cas des églises construites avant 1905 et donc propriété de l’État.

Sauf erreur de notre part, dans le dix-huitième, seules les églises de cette époque remplissent les critères que nous nous sommes fixés (présence d’un sous-sol ou d’une crypte pour favoriser l’air frais, faibles proportions d’ouvertures et murs épais pour un déphasage optimum, grande hauteur sous plafond pour éloigner l’air chaud des volumes occupés, espaces suffisamment vastes et accessibles pour mettre au point plusieurs scenarii d’usage). Il ne faut donc y voir aucun parti pris idéologique, juste un pragmatisme opératoire.

L’avantage de ces espaces est double : présence d’un grand nombre d’assises et adaptation aux normes ERP. Nous excluons le Sacré-Cœur de notre analyse pour la même raison que les musées : c’est un bâtiment touristique qui abrite des collections fragiles et difficilement conciliables avec la présence d’un grand nombre d’enfants. Nous travaillons toutefois sur l’espace de la crypte, facilement sécable du reste de l’édifice.



lieux de culte : 25 classes